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Plateformes de transport en ligne : un transport routier plus écoresponsable ?

Publié le 28 août 2023 - 4 min de lecture

Les plateformes d’intermédiation se multiplient dans le secteur du transport de marchandises. Si les modèles commerciaux et les spécialités diffèrent entre Flexport, sennder, Coyote, Instafreight et OnTruck, ces solutions ont toutes le même objectif principal : le développement durable. Aujourd’hui, les grands groupes et la population sollicitent un transport routier plus respectueux de l’environnement. Quel rôle peuvent jouer ces nouveaux acteurs pour révolutionner le secteur ?

copie de portrait online freight plateforms

Alexander Emrem, Responsable des expéditions chez Trans 55, et Graham Major-Ex, Directeur des activités vertes chez sennder

1. Quand la technologie s’attaque au transport routier

Vous avez certainement remarqué la digitalisation progressive du secteur du transport routier. Au milieu des années 2010, les bourses de fret comme timo, wtrans.net et teleroute.com ont fait leur apparition sur Internet, jouant le rôle d’intermédiaires numériques entre les expéditeurs et les transporteurs.

Mais la vraie révolution est arrivée vers la fin de la décennie, lorsque de nouveaux acteurs (sennder, Everroad, OnTruck, etc.) ont « ubérisé » le marché européen.

Non seulement ces plateformes de transport en ligne mettent en relation les expéditeurs, les prestataires de services logistiques et les transporteurs, mais elles proposent également des solutions numériques (logiciels, y compris en tant que service, et/ou applications) visant à optimiser les performances de ce secteur très concurrentiel.

De fait, les volumes gérés par ces plateformes (transitaires en ligne, marchés numériques, plateformes d’appels d’offres, plateformes de visibilité) ont triplé depuis 2019, et elles devraient gérer 50 % des opérations d’expédition d’ici 2027.(1)

Quatre types de plateformes coexistent dans ce secteur :

1. Transitaires en ligne :
● Fonctionnent comme des transitaires traditionnels
● Digitalisent, automatisent et optimisent les processus internes
● Sont responsables du transport

2. Marchés numériques :
● Mettent en relation les expéditeurs avec les transporteurs
● Simplifient et automatisent le catalogue d’offres
● Ne s’occupent pas du transport

3. Plateformes d’appels d’offres : facilitent le processus d’appel d’offres.

4. Plateformes de visibilité : fournissent des informations en temps réel sur la position, le statut et l’heure d’arrivée du convoi.

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2. Des plateformes qui accélèrent la transformation du secteur du transport routier

En exploitant les données pour optimiser les chargements et les itinéraires, ces plateformes garantissent efficacité et visibilité à leurs clients. Ce sont deux arguments de poids, tant d’un point de vue économique que d’un point de vue écologique : moins de kilomètres parcourus à vide, c’est moins d’émissions de gaz à effet de serre.

Certaines plateformes, comme sennder, ont fait de la décarbonisation du transport routier leur cheval de bataille. En effet, le secteur représenterait plus de 15 % de l’empreinte carbone mondiale. (2)

« Nous sommes convaincus qu’adopter de bonnes pratiques environnementales est un réel avantage concurrentiel pour les transporteurs qui souhaitent se tourner vers l’avenir. »

Graham Major-Ex, Directeur des activités vertes, sennder

 

Des solutions concrètes : données, HVO (huiles végétales hydrotraitées) et mobilité électrique

Ces plateformes de transport numériques présentent de nombreux points forts, issus du recueil et de l’analyse d’un vaste éventail de données (mégadonnées) :

● Meilleur contrôle des marchandises et de leur position dans la remorque
● Optimisation des itinéraires, moins de kilomètres parcourus à vide et plus d’automatisation des processus
● Meilleure visibilité de la flotte et suivi en temps réel
● Documents numérisés


Ces plateformes visent également à accompagner le secteur dans la transition vers les biocarburants. Plus précisément, sennder table sur les biocarburants avancés, comme les HVO, qui sont directement compatibles avec les moteurs diesel, sans qu’aucune modification ne soit nécessaire.

La société de transport belge Trans 55, qui est partenaire du transitaire en ligne allemand depuis trois ans, a effectué près de 1 000 « chargements verts » entre les Pays-Bas et la France avec ce biocarburant.

Le résultat ? Une réduction des émissions de 90 %. Mais sennder se tourne également vers la mobilité électrique, à l’instar des constructeurs européens de poids lourds, qui se sont engagés au 100 % électrique d’ici 2040(3).

3. Comment ces plateformes sont-elles perçues par le marché ?

Le secteur du transport routier aurait tendance à être plutôt conservateur. Lorsque sennder a lancé son offre de « transport vert » en 2020, plusieurs acteurs ont tenté de l’en dissuader.

« On nous a dit : “Personne ne paiera un centime de plus pour du transport vert, ce n’est même pas la peine d’essayer.” Mais nous avions foi en notre projet et nous avons décidé de le lancer quand même. Nous avions raison, car ce segment enregistre une croissance exceptionnelle. Rien qu’en 2022, le volume de chargements verts a été multiplié par cinq sur notre plateforme », explique Graham Major-Ex.

Du côté des transporteurs, ces plateformes sont souvent plébiscitées car elles permettent de diversifier les activités.

 

« Nous entretenons une très bonne relation avec sennder et nous apprécions le fait que cette plateforme nous donne accès à des missions variées, en cohérence avec la diversité de notre flotte. »

Alexander Emrem, Responsable des expéditions, Trans 55

Comme la plupart des petits exploitants de flotte européens, Trans 55 déplore que le prix des biocarburants et des véhicules électriques freine la transition. Alexander Emrem explique qu’il fait généralement le plein de HVO aux Pays-Bas, où ce carburant est beaucoup plus abordable qu’en Belgique.

Même si le chemin est encore long, les plateformes de transport numériques contribuent à rendre le secteur du transport routier plus respectueux de l’environnement. Comme le fait remarquer Graham Major-Ex, « des solutions plus durables sont déjà à disposition. Dans le secteur des technologies comme du transport, tout est une question de mise en œuvre, de développement de cas concrets. »

Sources:
  1. (1) DIGITAL FREIGHT FORWARDING - Viki Keckarovska, Transport Intelligence « GROWTH POTENTIAL OF THE DFF MARKET »
    (2) https://ourworldindata.org/co2-emissions-from-transport
    (3) https://www.acea.auto/uploads/publications/acea-pik-joint-statement-the-transition-to-zero-emission-road-freight-trans.pdf

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